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Les avions cibles radiocommandées : des origines à Mach 0,92

Les avions cibles et l’aviation générale

A BQM-167 Air Force Subscale Aerial Target is launched from Tyndall Air Force Base, Fla. The drone provides a threat-representative target for the Air Force Weapon System Evaluation Program. (U.S. Air Force photo/Bruce Hoffman)Un BQM-167 est lancée à partir de la Base aérienne de Tyndall, en Floride. (Photo de l’armée de l’air des États-Unis / Bruce Hoffman)

Aujourd’hui l’on parle beaucoup de drone mais peu de leur grand frère : les avions cibles. Remontons un peu le temps. En effet, dans l’histoire aéronautique, bon nombre d’avions cibles furent par la suite équipés pour devenir des drones. A la base un avion cible sert comme son nom l’indique de cible d’entrainement. Il est donc piloté à vue ou non et a juste pour but cette fonction qui est de se faire tirer dessus. Leur qualité aéronautique et leur taille font que souvent dans un deuxième temps ces avions servirent et servent de base pour devenir des drones de reconnaissances ou des prototypes de drone pour des actions moins sympathique. Cas de l’Argus As-292 allemand que nous verrons plus loin qui alimenta un projet de bombe volante parallèle au V1. Les vases communicant entre l’apparition de la radiocommande et son usages sur les différents sujets sont des transferts de technologie permanente pour ne former qu’un seul et même tissus. La seul chose dont on peut être sûr : la volonté de piloter à distance un avion était motivé pour des attaques d’ennemies et non pour servir de cible d’entrainement. Si l’inventeur de la radiocommande est Nikola Tesla, qui en fît la démonstration en décembre 1898 au Madison Square Garden sur un bateau qu’il surnomma le « teleautomaton », sont utilisation sur un avion ne viendra qu’un peu plus tard grace au  capitaine Archibald Montgomery Low du Royal Flying Corp. La messe est dite : l’origine de l’utilisation de la radiocommande sur un avion est militaire. Le premier essais eu lieu le 21 mars 1917 près de la plaine de Salisbury dans le sud de la Grande-Bretagne devant une quarantaine de généraux alliés. L’avion avait comme nom de code « AT » : aerial target. Les éléments mis au point sur l’AT servir par la suite pour le Larynx (Long Range Gun with Lynx, « Lynx » étant le moteur), premier avion militaire opérationnel sans pilote (1925).

Archibal-Low
« Professor » Archibald Montgomery Low

Archibald Montgomery Low est considéré de part l’ensemble de son travail et de ses applications concrètes comme le père du radio-guidage.

Aujourd’hui : Mach 0,92 pour un avion radiocommandé cible

Le BQM-167A de l’US Air Force

Dans un précédent article le jet radiocommandé de Niels Herbrich était considéré comme l’avion radiocommandé le plus rapide du monde. C’était sans compter les avions cibles et en particulier ceux fabriqués par Kratos Unnamed System Division pour l’US Air Force. Le BQM 167A est en effet capable d’aller à Mach 0,92. Le mettons dans la catégorie des avions radiocommandés ? Si vous avez 570 000$ il est a vous. Il doit y avoir un petit billet complémentaire à rajouter à la logistique qui va autour …

 

Reportage sur le BQM 167A ( source youtube  wcolby1 )

 

Caractéristiques générales du BQM-167A
Fonction principale: Cible aérienne
Entrepreneur principal: Composite Engineering Inc.
Centrale électrique: 1 MicroTurbo Tri 60-5 +
Envergure: 11 pieds (3,4 mètres)
Longueur: 20 pieds (6,1 mètres)
Hauteur: 4 pieds (1,2 m)
Poids: 690 lbs vide, 2,200 lbs max (313,998 kilogrammes)
Poussée: 1 000 lb (453,6 kilogrammes)
Vitesse: 0,92 Mach
Plafond: 50 000 pieds (15 240 mètres)
Gamme: Non disponible
Coût: 570 000 $
Capacité opérationnelle initiale: 2008

Une série de décollages … wtf ! ( source youtube : AiirSource Military )

Autres séries de décollages avec également des images du hangar et des préparatifs ( source youtube Gung Ho Vids )

Les avions à usage de cibles aériennes : des avions radiocommandés historiques

C’est l’histoire de pauvres avions radiocommandés qui ont toujours été pris pour cible … mais pas que.

Au Royaume-Uni, les avions antiaériens obsolètes et les aéronefs propulsés par hélice de la Royal Navy tels que le Fairey Firefly, le Gloster Meteor et le Havilland Sea Vixen utilisés au RAE de Llanbedr ( 1950 – 1990) ont également été modifiés en drones télécommandés. Certains furent utilisés pour cibles tandis que d’autres servaient à de la recherche sur les drones et les vols inhabités.

Les actualités américaines pendant la seconde guerre mondiale « New target plane is controlled by radio » . ( Source youtube Airboyd.)

Le OQ-19 / Northrop MQM-57

Radioplane/Northrop MQM-57 Falconer, National Museum of the United States Air Force, Dayton, Ohio. (U.S. Air Force photo)
Radioplane/Northrop MQM-57 Falconer, National Museum of the United States Air Force, Dayton, Ohio. (U.S. Air Force photo)

Développé au milieu des années 1950 sur la base de l’avion cible OQ-19 de l’USAF, le MQM-57 est devenu le premier avion de reconnaissance sans pilote de l’armée américaine. Initialement désigné RP-71 par Radioplane et SD-1 par l’Armée de terre, le MQM-57 a mené des missions de courtes distances pour de la photographie de champ de bataille ou la surveillance télé-visuelle.

Le MQM-57 était lancé à l’aide de deux roquettes de décollage depuis une rampe. Il était télécommandé au travers de signaux radio par un opérateur qui le suivait via un radar. En retour de mission, le MQM-57 déployait son parachute depuis le haut du fuselage.

Radioplane qui fût plus tard une division de Northrop construit un total de 1 455 Falconners. Le MQM-57 a servi avec l’armée des États-Unis et l’OTAN dans les années 1970.

Plans de l'OQ-19, radioplane/Northrop MQM-57 Falconer
Plans de l’OQ-19, radioplane/Northrop MQM-57 Falconer

Caractéristiques générales
Longueur : 13 pi 7 po (4,14 m)
Envergure : 11 pi 6 po (3,50 m)
Hauteur : 2 pi 7 po (0,79 m)
Surface de l’aile: 18,72 pi2 (1,74 m2)
Aspect ratio : 7.0: 1
Poids à vide : 124 kg (273 lb)
Poids brut : 403 lb (183 kg)
Groupe motopropulseur : 1 × McCulloch O-100-2, 72 ch (53 kW) chacun

Performances
Vitesse maximale : 324 km / h (202 mph)
Vitesse de décrochage : 108 km/h (67 mph )
Portée : 333 km (207 miles)
Temps de vol : 1 heure
Plafond de service: 7 000 m (23,000 ft)
Taux de montée: 17,8 m / s (3,500 pieds / min)

 

Un McCulloch OQ-19, avion cible américain actif entre 1950 et 1970, ici dans un musé d’aviation. ( Source youtube : GyroGerald )

Lien vers l’histoire d’une restauration d’un OQ-19

 

Techniques

Les systèmes de parachutes des avions cibles

Les tireurs ratant quand même régulièrement leur cible, les systèmes de parachutes ont toujours été une préoccupation à bord des avions cibles. Ainsi vous avez pu voir un peu au dessus, sur la vidéo d’actualité de 1945, le soin que l’on apportait à ce sujet. Voici d’autres vidéos plus contemporaine où l’on retrouve des essais de parachutes en fin de vol.

Un Fireant-300 ( made in Taiwan ) et différent essais. A la fin il prend chers … ici l’on retrouve certains bruits plus connu des pistes d’aéromodélisme conventionnelles ( source youtube jason0928313401 )

 

Autre vidéo cette fois d’essais de parachute sur une aile delta à Batujajar à l’Est de Bandung sur l’île de Java en Indonésie. Ça à la forme d’un jet, ça ressemble à un jet, mais ça ne fait pas le bruit d’un jet … ( source youtube : Otat Bandung )

Toujours en Indonésie, une autre aile delta propulsée par hélice. ( source youtube Gelitik News Online )

Des vols semi-automatisés pour certains

Les vitesses de certains modèles nécessite des plans de vols automatisés ou semi-automatisés.

Un plan de vol semi-automatisé avec décollage et atterrissage en mode manuel.

Les systèmes de catapultages quasi permanent

Plusieurs raisons : certains modèles nécessites une vitesse initiale très forte ajouté à cela le coté opérationnel. Les pistes ne sont pas toujours disponible et dans la cas de jets il faudrait de très longues piste. Ce qui vaut pour le décollage vaut également pour l’atterrissage. D’où la présence du parachute.

L’aérodynamique du BQM-167A par exemple est tellement aboutie que un train d’atterrissage ne ferait que nuire à sa performance : poids embarqué, source de problèmes supplémentaires. Les pilotes de jet RC savent de quoi je parle.

Même avec le catapultage, celui-ci à peine à prendre sa vitesse de croisière.

Vidéo d’avion cible en Inde

Un alignement de catapultes !  ( Source crédit vidéo : Aerotree )

 

Avions radiocommandés de loisirs et avions cibles : une industrie souvent très proche

L’exemple du fabricant PstJets

D’une manière général l’aviation qu’on l’aime ou non a toujours un lien avec les développement fait par l’aviation militaire et l’aéromodélisme n’y coupe pas, voir même il y contribue aux stades de prototypage.

Pour illustrer cela en se cantonnant au sujet des avions cibles, voici 2 vidéos montrant des avions RC fabriqué par la société thaïlandaise PSTJETS que certains fans de jet RC connaissent  peut être. Pstjets fabrique en effet des avions cibles à usage militaire. Pstjets fabrique également des turbines et de très bons jet rc loisirs qui sont principalement distribués aux États-Unis. En début de vidéo on voit sur une rampe un modèle bien plus simple à hélices. Ces modèles d’ailleurs à hélices sont moins spectaculaire mais reste toujours utilisé par les armées. Les chroniques des faits divers le prouve.

Un avion cible à destination militaire de PstJets. Ça va vite … une approche un peu longue on va dire ! 

 

Un jet rc de chez PstJet à destination loisir. 


Autre vidéo d’un modèle de loisir du fabricant thaïlandais Pstjets.

 

Des avions radiocommandés loisir répliques d’avion radiocommandés … cibles

Vous suivez toujours ? Et oui on peut faire des avions radiocommandés qui sont des répliques d’avions radiocommandés. HobbyKing avait sorti il y a quelques années une réplique de drone / avion cible : le Boeing Scaneagle Replica

 

Un vidéo du Boeing Scaneagle Replica de chez Hobbyking

Des avions radiocommandés cibles … qui deviennent des avions … non radiocommandés, le cas du Culver PQ-8a

Culver_PQ-8a
Le Culver PQ-8a et un pilote qui va piloter un drone qui n’est plus un drone du coup. Espérons pour lui que ce ne soit plus un avion cible !

 

Toujours plus loin, toujours plus haut … le Culver PQ-8a dessiné comme avion cible radiocommandé va finalement être plus utilisé comme avion classique … sauf si on tire dessus bien sûr … là il redevient avion cible mais non radiocommandé … vous suivez ? Plus tard un industriel tentera d’en faire un avion civil au travers du Helton-95-Lark 

Des avions cibles mythiques

Les avions cibles finalement sont des sujets peu traité en aéromodélisme mais leur aérodynamisme pour certains et leur intérêt dans l’histoire aéronautique en font des sujets de maquettes intéressants et des engins technique à piloter.  En plus de ceux déjà illustrés un peu plus haut dont je remets les noms ici voici une liste de potentiels futurs avions pour nos terrains d’aéromodélisme.

 

 

Les Kratos de USAF : BQM 167, le BQM-177A et le MQM-178

Il y a des vues sur les plaquettes commerciales de Kratos de leur 3 avions cibles dont vous avez vu les vidéos en début d’article : le BQM 167, le BQM-177A et le MQM-178 qui ont tous les 3 des lignes exceptionnelles. Le site : www.kratosusd.com

 

Série OQ :

 RADIOPLANE OQ-3

 

 Un hydravion largué d’un hydravion : le Kugisho (Yokosuka) MXY4

Construit en 1940 et accepté par l’IJN en 1941, le Kyjusuka (Yokosuka) MXY4 a été conçu comme un drone cible entièrement en bois et contrôlé par radio pour l’entraînement de artillerie. Alimenté par un moteur 32 chevaux quatre cylindres Nihon Semi 11 boîte de type refroidi par air du moteur d’une hélice en bois à 2 pales.Il a été transporté en altitude par un E7K « ALF » à 3000 mètres et relâché. Le drone était un hydravion et avait deux flotteurs sous les ailes l’amerrissage.

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Séquence de largage du MXY4.

 

L’MXY4 a été conçu en 1940 à Dai-Ichi Kaigun Koku Gijutsu-Sho, Yokosuka en tant que successeur de la cible de vol planeur MXY3. Les hydravions de la série MXY4 ont servi de cibles volantes pour la formation des pilotes de chasse de la Marine impériale.
MXY4-hydravion radiocommandé-avion cible-target drone
Les MXY4 était mis en vol par des hydravions Kawanishi E7K. Ils étaient accroché sur la partie supérieur de l’aile des Kawanishi E7K, puis largué et radioguidé.

Si l’un d’entre vous s’attaque à ce sujet, je lui promets de faire un article complet des les pages d’aero-modelisme.com ! Je n’imagine même pas le rendu en meeting !

 

L’Argus As-292

Extérieurement, As-292 ressemblait à un modèle réduit assez particulier avec son fuselage sur la partie avant qui peut rappeler certain avion radiocommandé américain d’après guerre. Cette version avec fuselage correspond à la seconde version ( cf photos). La structure était tubulaire. La longueur de l’avion et l’envergure étaient les mêmes soit 2,4 mètres. La structure était faite essentiellement en métal, recouverte par un entoilage.

Le système de contrôle était simple mais néanmoins l’avion était en 3 axes : une paire de ailerons, profondeur et direction. Équipé d’un moteur de 3cv dans la première version, l’avion volait à environ 70-80 km/h. Son poids au décollage était de 22-25 kg. Le décollage et l’atterrissage se faisait sur son train tri-cycle. Il effectua son premier vol en configuration de drone le 9 Juin 1937.
La Luftwaffe décide de faire évoluer sa fonction première d’avion cible. Début octobre 1939,  l’As-292 a effectué son premier vol au front avec une charge utile embarqué ou pour la réalisation de photographies aériennes.

L’Argus Motoren était une société de fabrication allemande connue pour sa série de petits moteurs V inversés et l’Argus As 014 pulsejet pour la bombe volante V-1.

As-292 en version avion cible avant son évolution en drone sur le front

 

La commande initiale comportait une centaine d’exemplaire de l’As-292.

La conception du drone en série à évolué par rapport au prototype. Le moteur, l’équipement radio et la caméra étaient dans un boîtier/carénage fermé. La motorisation fût mise à jour: le nouveau moteur a 7 cv propulsait l’avion jusqu’à 100 km / h. L’essence maintenant lui assurait un vol d’une demi-heure. La troisième version avion avait de grandes possibilités tactiques avec une seconde caméra ajouté.

La conception du train d’atterrissage a été légèrement modifié. L’axe de roue du prototype était fixé directement sur les montants tubulaires double, tandis que la série était ancré sous le fuselage avec se qui s’apparente à un amortisseur. On retrouve ce système sur nos modèles réduit encore. À la suite de ces améliorations sa masse au décollage passa à 27 kg.

 

Les informations que j’ai trouvé sur cette avion restent néanmoins assez flou. Si un lecteur est pointu sur le sujet je suis preneur pour consolider l’historique de cet avion.

 

Une liste non exhaustive d’échelles 1:1 transformés :

Le F100C Super Sabre radiocommandé !

Le Crusader radiocommandé  !

Le Convair F-106A Delta Dart !

La destruction des avions échelle 1:1 n’était pas forcément immédiate. Leur utilisation permettait et permet encore de regarder la manière dont l’avion et sa structure se comporte à l’endommagement.

Un bien looké : le Firebee

JawsFirebee_

Source : la page du Firebee au Pima Air and Space Museum

Un français : le CT-20

 

avion cible-rc-Nord_Aviation_CT.20
Drone-cible français Nord Aviation CT.20 appartenant au musée des ailes anciennes ( source wikipedia CC / Duch.seb )

Pour le coté franchouillard,je trouve le CT-20 très beau. Remplaçant le CT-10 qui n’est autre qu’un V1 un peu modifié, le CT-20 T est testé à partir de 1955. Il entre en service en 1958 et est construit jusqu’en 1984 à 1 530 exemplaires de série. Il est équipé d’un réacteur Turbomeca Marboré II / Marboré VI.

En 1963, Nord Aviation fait les premiers essais pour transformer l’avion cible CT20 en engin de reconnaissance dénommé R20. Il s’agit du tout premier drone en service en Europe.

 

La femme la plus célèbre du 20ième siècle construisait des avions radiocommandés …

Il était une fois l’histoire d’une jeune femme qui s’appelait Norma Jeane Dougherty, petite employés de la Radioplane Compagny, société qui fabriquait des drones. un jour un photographe vint faire des clichés pour le soutient de guerre et découvrit ce qui allait être la futur Marilyn Monroe.

 

Norma Jeane Dougherty aka Marilyn Monroe.
Norma Jeane Dougherty aka Marilyn Monroe montant un OQ-3.

 

 

 

 

Sources : http://www.ctie.monash.edu.au/hargrave/index.htm

Mots clef : avion rc rapide ; jet radiocommandé

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